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Ravel, Ravel, Unravel

Published on 20 May 2014

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 PAVILLON FRANÇAIS

55ème Exposition internationale d’art – la Biennale di Venezia

1er juin – 24 novembre 2013

55th Venice Biennale, Anri Sala at the French Pavilion

Le projet conçu par Anri Sala pour le Pavillon français, pensé pour les espaces du Pavillon allemand où il sera exceptionnellement présenté, s’intitule Ravel Ravel Unravel (2013).

Un titre polysémique construit sur le verbe to ravel qui en anglais signifie « emmêler » et son contraire, to unravel, qui signifie « démêler », entre lesquels a été inséré l’homographe de to ravel, Ravel, en référence au célèbre compositeur français Maurice Ravel, auteur en 1930 du Concerto en ré pour la main gauche, qui constitue ici le cœur du projet d’Anri Sala.

Dans l’espace central du Pavillon, une première œuvre, Ravel Ravel, consiste en deux films chacun centré sur la main gauche d’un célèbre pianiste : Louis Lortie d’une part et Jean-Efflam Bavouzet d’autre part, tous deux choisis par Anri Sala pour interpréter le Concerto, enregistrés à cette occasion avec l’Orchestre National de France.

Le cœur du projet d’Anri Sala réside dans l’interprétation d’une même musique par deux musiciens. L’artiste précise : « chaque film se concentre sur la chorégraphie de la main gauche s’appropriant l’intégralité du clavier, tandis que la main droite demeure immobile ».

Ces deux films sont projetés simultanément dans une chambre sourde,  et génèrent, grâce à un travail de spatialisation sonore, la perception d’une « course » musicale due au décalage des tempos. L’artiste poursuit : « Mon intention est de faire résonner un espace consécutif à l’écart temporel entre les deux performances. Il s’agit, dans un environnement destiné à annihiler la sensation d’espace (par la suppression des échos), de créer paradoxalement un espace ‘autre’ ».

Dans les salles adjacentes, deux autres films sont présentés sous le titre unique Unravel. Chloé, une Dj, est filmée seule, mixant les deux interprétations du Concerto dans une tentative de les faire se rejoindre.

Dans ces films Anri Sala poursuit son travail sur l’espace et le son ainsi que sur le langage silencieux du corps. Il propose une expérience sur la différence et le même, dans une œuvre ambitieuse, qui pousse encore plus loin ses recherches de spatialisation sonore. L’œuvre fait autant appel à l’intellect qu’au corps du spectateur, générant une puissante expérience physique et émotionnelle, l’immergeant dans la musique.

Pour Anri Sala, les espaces du Pavillon allemand s’avèrent riches en possibilités pour son travail sur le son et l’espace. Sans se focaliser sur l’histoire du bâtiment, l’artiste n’en est pas moins intéressé par les résonances particulières que celui-ci et son histoire donneront à son œuvre.

Christine Macel
Commissaire du Pavillon français

 

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